Le département américain de l'Énergie met 215 millions de dollars sur un ordinateur quantique tolérant aux fautes
Un concours avec des paliers à 100, 150 et 200 qubits logiques, et un rapport consultatif qui conditionne toute infrastructure nationale à une utilité scientifique démontrée.

Le 17 septembre 2026, le département américain de l'Énergie (DOE) a lancé le Quantum Genesis Q Competition, doté de jusqu'à 215 millions de dollars pour des entreprises privées capables de démontrer des ordinateurs quantiques d'au moins 100 qubits logiques. Quelques jours plus tôt, son comité scientifique consultatif publiait une feuille de route qui mesure le progrès à l'utilité scientifique plutôt qu'aux métriques matérielles.
Pourquoi c'est important
Voilà un objectif concret, daté et financé : des qubits logiques, des opérations tolérantes aux fautes, des problèmes scientifiques à résoudre. C'est la barre à laquelle les autres programmes publics seront comparés.
Points clés
- Quantum Genesis Q Competition, annoncé le 17 septembre 2026 : jusqu'à 215 millions de dollars prévus, dont 2,5 millions sur l'exercice 2026, le reste soumis aux crédits votés par le Congrès.
- Exigence : un ordinateur quantique d'au moins 100 qubits logiques capable d'exécuter des centaines de millions d'opérations tolérantes aux fautes, avec des démonstrations scientifiques en chimie, matériaux, physique et mathématiques appliquées.
- La phase I attribue jusqu'à 1,5 million de dollars par entreprise pour les premiers jalons ; la phase II partage une enveloppe de 100 millions entre ceux qui atteignent 100 qubits logiques, avec deux bonus de 50 millions à 150 et 200 qubits logiques. Un appel de 45 millions finance les laboratoires nationaux pour la validation.
- Les candidatures des entreprises privées sont attendues au plus tard le 19 octobre 2026 ; un webinaire d'information s'est tenu le 25 septembre.
- Le rapport du SCAC Quantum Committee (septembre 2026) propose trois phases : des Quantum Grand Challenges en 2026-2028, puis une infrastructure d'usage (Quantum Computing User Facility) seulement si la valeur scientifique est démontrée, puis l'intégration aux supercalculateurs et aux systèmes d'IA après 2030.
Le 17 septembre 2026, le département américain de l'Énergie a lancé le Quantum Genesis Q Competition, destiné à faire émerger les premiers ordinateurs quantiques tolérants aux fautes et scientifiquement utiles. Le financement prévu atteint jusqu'à 215 millions de dollars, dont 2,5 millions sur l'exercice 2026, le reste dépendant des crédits que votera le Congrès.
La barre est explicite. Les candidats, des entreprises privées uniquement, doivent proposer une machine d'au moins 100 qubits logiques capable d'exécuter des centaines de millions d'opérations tolérantes aux fautes, accompagnée de programmes de démonstration scientifique en chimie, matériaux, physique et mathématiques appliquées. La phase I offre des dotations fixes allant jusqu'à 1,5 million de dollars par entreprise pour les premiers jalons. La phase II partage une enveloppe de 100 millions de dollars entre les participants qui démontrent un système d'au moins 100 qubits logiques, avec deux enveloppes supplémentaires de 50 millions chacune pour 150 et 200 qubits logiques. Un appel distinct de 45 millions finance les laboratoires nationaux pour un banc de validation et de vérification. Les candidatures sont attendues au plus tard le 19 octobre 2026.
Le concours suit de quelques jours le rapport du SCAC Quantum Committee, l'organe consultatif de l'Office of Science du DOE, intitulé Path to an Integrated Quantum Future (septembre 2026). Son idée centrale : mesurer le progrès à l'utilité scientifique, c'est-à-dire la capacité à résoudre des problèmes scientifiques qui comptent, plutôt qu'aux seuls chiffres matériels. Présidé par Anna Grassellino (Fermi National Accelerator Laboratory), le comité décrit trois phases, présentées le 17 septembre par Darío Gil, sous-secrétaire à la Science : des Quantum Grand Challenges de 2026 à 2028 pour démontrer des applications scientifiques validées, puis une infrastructure d'usage (Quantum Computing User Facility) créée seulement si la valeur scientifique, la maturité technique et la demande des utilisateurs sont établies, et enfin l'intégration aux supercalculateurs, aux systèmes d'IA et aux expériences du département après 2030. Les domaines visés incluent la chimie et la catalyse, les matériaux, l'énergie de fusion, la physique des particules et nucléaire, et les capteurs.
Les deux documents ont été partagés sur LinkedIn par Frédéric Barbaresco.
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